/ L’Institut de l’Environnement, 1969-1971 / Le rêve d’une architecture pédagogique décloisonnée. Tony Côme


24 octobre 2016 16h30 Médiathèque André Labarrère — Pau — Séminaire Hors Champs initié par Perrine Saint Martin & David Coste

  

De la fermeture de la prestigieuse Hochschule für Gestaltung d’Ulm, héritière du Bauhaus, à la création de l’Institut de l’Environnement, entre rêve d’une architecture pédagogique décloisonnée et polémiques. Dans le cadre de «Hors Champs», séminaire initié par Perrine Saint Martin & David Coste enseignants au sein du département Design Graphique de l'École supérieure d'art des Pyrénées — Pau / ÉsaP, Tony Côme, Docteur en Histoire de l'Art, co-fondateur de la revue en ligne Strabic.fr, co-éditeur de louvrage Le monde comme projet d’Otl Aicher (éditions B42, 2015), reviendra sur la création de l’Institut de l’Environnement à Paris, de la volonté de créer un espace pédagogique total entre architecture, urbanisme, design industriel et communication et difficultés de mise en application.

En 1968, la Hochschule für Gestaltung d’Ulm, héritière du Bauhaus, fut condamnée à fermer ses portes. Le Service des enseignements artistiques du Ministère des Affaires culturelles français, empêtré dans une crise sans précédent, suggéra un transfert de l’institution allemande à Paris qui permettrait de catalyser une réforme pédagogique en France, et cela simultanément dans les domaines de l’urbanisme, de l’architecture, du design industriel et de la communication visuelle. Enthousiasmé par la proposition, Claude Schnaidt dernier vice-recteur de l’école d’Ulm, architecte de formation, dut toutefois adapter son projet pédagogique aux spécificités de l’histoire institutionnelle française qui, à la fin du mois de mai 1968, avait radicalement été remise en question. Il allait ainsi fonder «l’Institut de l’Environnement». Cette unité de recherche et d’enseignement pluridisciplinaire fut inaugurée à la fin de l’année 1969, rue Érasme, sur le site même de l’ENSAD. Un bâtiment a été conçu spécialement, sur ordre du ministre André Malraux et dans un temps record, par l’architecte Robert Joly. Cette architecture, comprenant des parements de façade signés Jean Prouvé (qui fut membre du conseil d’administration de l’établissement au côté de Charlotte Perriand), se voulait le reflet d’un modèle pédagogique décloisonné, affirmant sa singularité dans le paysage français. Tony Côme revient sur les virulentes polémiques dont elle fit l’objet jusqu’à sa destruction au début des années 1990. 

Tony Côme Ancien étudiant du département Design de l’École Normale Supérieure de Cachan, agrégé d’Arts Appliqués et docteur en histoire de l’art, Tony Côme enseigne à l’école des Beaux-Arts de Rennes. Sa thèse, intitulée «Les brigades de projétation: apprendre à coopérer» questionne les relations qui s’instaurèrent entre architectes et designers français de 1969 à 1989. Il a co-fondé la revue Strabic.fr (2011), prit part au comité de rédaction de L’Architecture d’Aujourd’hui (2010 / 2014) puis rejoint l’équipe éditoriale de Back Cover (2016). Il a co-édité Le monde comme projet d’Otl Aicher (éditions B42, 2015) et codirigé L’idée de confort, une anthologie (éditions B42, 2016). Il est par ailleurs l’auteur de plusieurs catalogues d’exposition (Richard Niessen, A Hermetic Compendium of Typographic Masonry, Franciscopolis, 2014; Didier Faustino, MY CRAFTS, 2016) et membre du Conseil d’orientation scientifique du Signe, Centre national du graphisme à Chaumont.

Les affiches ont été réalisées par Laëtitia Bouabdallah, Thibaut Bourgeois, Thibaut Maïo & Clara Desperben dans le cadre de l'Atelier libre Design graphique de Perrine Saint Martin & Jean-Marc Saint-Paul. 


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